Wiki Creepypasta
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Traduit à partir de la page éponyme sur knowyourmeme. Une partie de cette page n'étant pas encore traduite, vos contributions sont bienvenues.

Certains d'entre vous ont sans doute entendu dire que la société Disney est responsable de la création d'au moins une véritable ville fantôme.

Disney a construit “Treasure Island", un complexe hôtelier dans la Baie de Baker’s Bay dans les Bahamas. ça n'a pas été créé en tant que ville fantôme, Disney avait d'ailleurs affrété des bateaux pour y conduire des touristes.

L'opération a coûté $30,000,000 … oui, trente millions de dollars.

Puis ils ont tout abandonné.

Selon Disney, c'était à cause des eaux, qui étaient trop peu profondes pour que leurs bateaux puissent opérer en toute sécurité et ils ont même fait porter le chapeau aux travailleurs qui, parce qu'ils étaient originaires des Bahamas,étaient trop paresseux pour travail sur un horaire régulier.

ça, c'est la version officielle. Dans les faits, ça n'était pas à cause du sable et encore moins parce que les “étrangers sont paresseux”, ce sont des excuses arrangeantes.

Non, je doute très sincèrement que ces raisons étaient légitimes. Pourquoi je ne me fie pas à la version officielle ?

à cause du Palais de Mowgli.

Non loin de la ville balnéaire d'Emerald Isle en Caroline du Nord, Disney a démarré la construction du “Palais de Mowgli” dans les années 1990s. Le concept était un complexe centré sur le thème de la jungle avec un large a large, vous l'aurez deviné, PALACE au centre du tout.

Si vous n'êtes pas familiers avec le personnage de Mowgli, rappelez-vous de l'histoire du “Livre de la Jungle”.

Mowgli est un enfant abandonné dans la jungle adopté et élevé par des animaux et en même temps pourchassé et menacé par d'autres.

Le Palais de Mawgli a été dès le début sujet à controverses. Disney a acheté un terrain pour une fortune, achat qui a fait scandale. Le gouvernement local avait exproprié les habitants pour ensuite revendre les terrains à Disney. Il y a même eu une maison sur le point d'être construite qui fut condamnée sans qu'aucune explication ne soit donnée.

Les terres revendues par le gouvernement étaient prétendûment dédiée à la construction d'une autoroute. Lorsque les gens furent au courant des projets réels, ils l'ont surnommé “L'Autoroute de Mickey Mouse”.

Puis il y a eu le concept art. Un groupe de gens déguisés en personnages de Disney ont organisé un meeting. Ils avaient l'intention de montrer à quel point ce projet aller être lucratif pour tout le monde. Quand ils ont montré ce concept art, ce Palais Indien gigantesque... entouré par la jungle... avec des hommes et des femmes en pagnes et des engins tribaux.

Nous parlons d'un grand Palais Indien, jungle, et pagnes, pas seulement au centre d'une zone relativement riche, mais aussi d'une zone quelque peu «xénophobe» du sud des Etats-Unis. C'était un mélange discutable à ce moment là.

Un membre de l'équipe à tenté de détruire l'installation, mais il a été appréhendé par des gardiens.

Les maisons furent rasées, tout comme le terrain, sans qu'on ne puisse rien dire ou faire contre ça. La presse locale et la télévision étaient opposés à la construction dans un premier temps, mais Disney a fait jouer quelques relations et les médias ont rapidement retourné leur veste.

La construction était terminée. Les visiteurs séjournaient à l'hôtel. Les communautés environnantes ont été inondées avec le trafic et l'habituel désagréments associés à un afflux de touristes perdus et en colère.

Et puis un jour tout s'est arrêté.

Disney s'est tu et personne ne savait quoi penser. Mais ils en étaient plutôt contents. La perte de Disney était aussi comique que bienvenue aux yeux de ceux qui ne voulaient pas de cette installation.

Cela fait maintenant 10 ans que ça a été fermé. Je vis à +/- 4 heures d'Emerald Isle, je n'en ai donc eu que des rumeurs.

Puis j'ai lu cet article de quelqu'un qui avait exploré Treasure Island et raconté sur un blog tous les trucs dingues qu'il y avait vus. Des trucs...abandonnés. Des trucs cassés, défigurés, probablement détruits par des employés en colère qui avaient perdu leurs jobs.

Bordel, les locaux autour ont probablement filé un coup de main pour saccager cet endroit. Les gens là-bas se sentaient autant en colère à propos de Treasure Island que les gars ici pour Mowgli’s Palace.

En plus, il y avait des rumeurs sur le fait que Disney aurait relâché leur « stock » d’aquariums dans les eaux locales quand ils ont fermé… Requins inclus.

Qui ne voudrait pas mettre deux-trois coups de batte de baseball à quelques produits dérivés après ça ?

Bon, là où je veux en venir c’est que ce blog sur Treasure Island m’a donné des idées. Même si plusieurs années se sont écoulées depuis sa fermeture, je me suis dit que ça pourrait être cool de faire un peu d’Urbex au Mowgli’s Palace. Prendre quelques photos, écrire sur mon expérience, et peut-être voir s’il y avait quelque chose que je pourrais ramener chez moi en souvenir.

Je ne dirais pas que je n’ai pas perdu de temps à y aller, parce qu’honnêtement ça m’a pris encore un an après avoir trouvé cet article à propos de Treasure Island pour réussir à aller sur Emerald Isle.

Durant cette année, j’ai fait beaucoup de recherches sur le complexe du Palace… ou plutôt, j’ai essayé.

Naturellement, aucune ressource ou site officiel de Disney ne faisait mention de cet endroit. Tout avait été scrupuleusement nettoyé.

Encore plus étrange, cependant, était que personne avant moi n’avait apparemment pensé à blogger à propos du lieu, ou même à poster une photo. Aucun site internet des journaux et des télévisions locaux n’en faisait mention, même si l’on aurait pu s’y attendre comme ils ont tous décrié les méthodes de Disney. Or, ils auraient dû être là à fêter leur humiliation, vous voyez ?

Récemment, j’ai appris que les entreprises peuvent en fait demander à Google, par exemple, d’enlever les liens des résultats de recherches… et généralement pas pour de bonnes raisons. En y repensant, ce n’est probablement pas que personne n’a parlé du lieu, mais plutôt que leurs paroles ont été rendues inaccessibles.

Donc finalement j’ai eu du mal à trouver l’endroit. Tout ce que j’avais pour y aller était une carte vieille comme le monde que j’avais reçue par la poste dans les années 90. C’était un papier publicitaire envoyé aux personnes qui étaient allées récemment à Disney World, et j’imagine que comme j’y avais été à la fin des années 80, c’était considéré comme « récent ».

Je n’avais pas vraiment prévu de le conserver. Il s’est juste fourré dans les livres et les bandes dessinées de mon enfance. Je m’en suis seulement souvenu plusieurs mois après le début de mes recherches, et ça m’a ensuite encore pris plusieurs semaines pour le retrouver dans le box de stockage où mes parents avaient tout bazardé.

Mais je l’ai retrouvé. Les locaux ne m’ont été d’aucune aide, la plupart étant des nouveaux venus qui avaient déménagé sur la plage ces dernières années… ou de vieux résidents qui se sont juste moqués de moi et m’ont fait des gestes grossiers à la minute où j’ai réussi à prononcer « Où se trouve Mowgli’s… »

Le trajet me conduisit le long d’un couloir anormalement long de végétation démesurée. Les plantes tropicales qui s’étaient propagées et avaient surpeuplé la zone s’étaient mélangées avec les espèces indigènes de la flore qui y appartenaient réellement et qui avaient essayé de récupérer leur territoire.

J’étais émerveillé quand j’eus atteint le portail du complexe. D’énormes portes monolithiques en bois, dont les supports de chaque côté semblaient avoir été coupés dans des séquoias géants. Le portail lui-même avait été entaillé à plusieurs endroits par des piverts et érodé à sa base par des insectes fouisseurs.

Il y avait une feuille de métal accrochée au portail, juste un bout de ferraille avec des lettres peintes à la main griffonnées en noire. « ABANDONNÉ PAR DISNEY ». De toute évidence l’œuvre d’un ancien local ou d’un employé qui voulait faire une petite protestation.

Les portes étaient suffisamment ouvertes pour passer au travers, mais pas avec ma voiture, alors en attrapant mon appareil photo et ma carte, dont le revers montrait la disposition du complexe, je suis parti à pied.

Les cours intérieures du lieu étaient tout aussi envahies de plantes que l’entrée. Les palmiers se dressaient non entretenus et en lambeaux parmi les piles de leurs propres noix de coco. Les plants de bananes se tenaient pareillement dans leurs propres déchets puants, rongés par les insectes. Il y avait cette espèce de choc entre l’ordre et le chaos, alors que des rangées de fleurs vivaces soigneusement plantées se mélangeaient avec d’odieuses mauvaises herbes hautes et malodorantes et des champignons noircis.

Tout ce qu’il restait des structures extérieures était cassé : du bois pourrissant et divers morceaux carbonisés de matériaux non identifiables. Ce qui était probablement un kiosque d’information ou un bar extérieur était maintenant juste une pile de débris abattus par du vandalisme passé et ravagé par la météo.

La chose la plus intéressante sur le terrain était une statue de Baloo, l’ours sympa du Livre de la Jungle, qui était dans une sorte de patio en face du bâtiment principal. Il était figé dans un salut jovial envers personne, regardant un espace vide avec un large et stupide sourire, alors que la merde d’oiseau avait recouvert de larges pans de sa « fourrure » et que les vignes avaient emprisonné sa plateforme.

Je m’approchais du bâtiment principal — le PALACE — pour trouver l’extérieur du bâtiment couvert de graffitis là où la peinture originale n’avait pas été pelée ou ébréchée. Les portes n’avaient pas juste été ouvertes, elles avaient été enlevées de leurs gonds et volées.

Au-dessus des portes d’entrée, ou de la gueule béante où elles avaient été, quelqu’un avait encore une fois peint « ABANDONNÉ PAR DISNEY ».

J’aimerais pouvoir vous raconter tous les trucs géniaux que j’ai vus dans le Palace. Des statues oubliées, des caisses enregistreuses abandonnées, une société secrète entière de clochards sans abri… Mais non.

L’intérieur du bâtiment était si austère, si dénudé, que je pense que les gens ont volé les moulures des murs. Tout ce qui était trop gros pour être volé : comptoir, bureau, faux arbres géants… Ils reposaient tous parmi cette chambre d’écho vide qui amplifiait tous mes pas comme le lent rat-a-tat d’une mitrailleuse.

J’ai vérifié le plan et je me suis dirigé vers tous les endroits qui pourraient sembler intéressants.

La cuisine était comme vous l’auriez imaginée… Une aire industrielle de préparation de nourriture, avec tous les ustensiles et l’espace requis, sans limitation des dépenses. Chaque surface en glace était brisée, toutes les portes retirées de leurs gonds, chaque surface métallique défoncée et bosselée. Le lieu entier sentait la très vieille pisse.

L’énorme réfrigérateur, pas même un peu froid maintenant, avait rangée sur rangée d’étagères vide. Des crochets pendaient du plafond, probablement pour suspendre des pièces de viande, et alors que je me tenais à l’intérieur un instant je remarquais qu’ils se balançaient.

Chaque crochet se balançait dans une direction aléatoire, mais leurs mouvements étaient si lents et si petits qu’ils étaient presque impossibles à voir. Je me suis dit que c’était probablement dû à mes pas, alors j’en ai arrêté un de bouger en l’enfermant dans mon poing, puis en le relâchant doucement. Mais en quelques secondes, il recommença à bouger à nouveau.

Les toilettes étaient à peu près dans le même état que le reste de l’endroit. Comme avec Treasure Island, quelqu’un avait méthodiquement fracassé chaque commode en porcelaine avec des noix de coco et d’autres instruments. Il y avait environ un demi-pouce d’eau rance et stagnante sur le sol, donc je ne suis pas resté là-bas très longtemps.

Ce qui est bizarre, c’est que les w.c. et les lavabos (et les bidets dans les toilettes des femmes. Oui, j’y suis allé), dégoulinaient, fuyaient, ou fonctionnaient juste tout simplement. Il me semblait qu’ils auraient dû avoir coupé l’eau il y a longtemps. TRÈS longtemps.

Il y avait plein de chambres dans l’hôtel, mais je n’avais bien sûr pas le temps de toutes les explorer. Les quelques-unes dans lesquelles j’ai jeté un œil étaient toutes semblablement saccagées, et je ne m’attendais pas à trouver quoique ce soit là-bas. J’ai pensé en fait qu’il y avait une télévision ou une radio dans une chambre, car j’ai vraiment cru avoir entendu une discrète conversation en sortir.

Même si ce n’était qu’un murmure, probablement mon propre souffle faisant écho dans le silence, ou juste un autre phénomène du son de l’eau qui s’écoule me jouant des tours, cela ressemblait à…

1 : « Je ne veux pas y croire. »

2 : (réponse courte, incompréhensible)

1 : « Je ne sais pas. Je ne sais pas. »

2 : « Ton père te l’a dit. »

1 : (Réponse incompréhensible, ou possiblement juste des sanglots)

Je sais, je sais, ça a l’air stupide. Je vous raconte juste ce que j’ai vécu, pourquoi j’ai pensé qu’il pouvait y avoir quelque chose qui fonctionnait dans cette chambre — ou pire, des vagabonds qui se seraient cachés là-haut et qui m’auraient probablement poignardé.

De retour aux portes d’entrée du Palace, je me suis dit que je n’avais rien trouvé de remarquable et que j’avais gâché le voyage.

En regardant par la porte, j’ai remarqué quelque chose d’intéressant dans la cour que j’avais apparemment manqué. Quelque chose qui m’aurait donné au moins UNE chose à montrer pour tout le mal que je m’étais donné, même si c’était juste une photo.

Il y avait une statue réaliste d’un python, de peut-être quatre-vingts pieds de long, enroulée sur lui-même et prenant le soleil sur un piédestal juste au centre de la zone. Il était presque l’heure pour le soleil de commencer à se coucher, alors la lumière tombait sur l’objet de la manière PARFAITE pour une photographie.

Je me suis approché du python et j’ai pris une photo. Puis je me suis mis sur la pointe des pieds et j’en ai pris une deuxième. Je suis encore venu plus près pour prendre les détails sur sa tête.

Doucement, tranquillement, le python releva sa tête, me regarda directement dans les yeux, se tourna et rampa hors du piédestal, à travers l’herbe et dans les arbres.

Tous les quatre-vingts pieds du serpent. Sa tête avait longtemps disparu dans les bois avant que sa queue n’eût même quitté le spot de bronzage.

Disney avait relâché ses animaux exotiques sur le territoire. Juste ici sur mon plan il y avait la « Maison aux reptiles ». J’aurais du savoir. J’avais lu à propos des requins à Treasure Island, et j’aurais DÛ savoir qu’ils avaient fait ça.

J’étais sidéré, juste complètement abasourdi. Ma bouche devait avoir été ouverte pendant longtemps avant que je ne revienne sur Terre et que je la referme. J’ai cligné des yeux plusieurs fois et je me suis éloigné de l’endroit où le python était, en direction du palais.

Même s’il était totalement parti, je ne prenais toujours aucun risque et je reculais dans le bâtiment.

Il m’a fallu quelques respirations profondes et quelques gifles pour revenir dans ma tête après cela.

J’ai cherché un endroit pour m’assoir, comme mes jambes me semblaient un peu un peu cotonneuses à ce stade. Bien entendu, il n’y avait AUCUN endroit où s’assoir, sauf si je voulais m’allonger sur le verre brisé et le tapis de feuilles mortes, ou me hisser sur un bureau de qualité douteuse.

J’avais vu des escaliers près du hall du Palace, et je décidai d’aller m’y assoir jusqu’à ce que je me sente mieux.

La cage d’escalier était suffisamment loin de l’avant du bâtiment pour être relativement propre, excepté une surprenante accumulation de poussière. Je retirai un morceau de métal du mur, encore une fois peint avec le slogan « ABANDONNÉ PAR DISNEY » auquel je suis devenu habitué. Je plaçai le bout sur les escaliers et m’assis dessus pour rester au moins à peu près propre.

Les escaliers menaient vers le bas, au niveau souterrain. Utilisant le flash de mon appareil photo comme une sorte de lampe de poche improvisée, je pouvais voir qu’ils finissaient par une porte grillagée en métal avec un cadenas. Une pancarte sur la porte… Une VRAIE pancarte… indiquait « MASCOTTES UNIQUEMENT ! MERCI ! »

Ça me remonta un peu le moral, pour deux raisons. Premièrement, une zone réservée aux mascottes devait forcément contenir des choses intéressantes à l’époque… Deuxièmement, le cadenas était toujours en place. Personne n’était descendu là-bas. Ni les vandales ni les pilleurs, personne.

C’était le seul endroit que je pouvais réellement « explorer » et où je pouvais peut-être trouver quelque chose d’intéressant à photographier ou à voler sans vergogne. J’étais venu au Palace en accord avec moi-même sur le fait qu’il était OK de prendre tout ce que je voulais parce que, hé, « abandonné ».

Ça n’a pas été très dur de briser le verrou. Non, en fait c’est faux. Ça n’a pas été très dur de casser la plaque de métal sur le mur où le cadenas était accroché. Le temps et la décomposition avaient fait le plus gros du travail pour moi, et j’ai été capable de tordre la plaque suffisamment pour retirer les vis du mur — chose à quoi personne d’autre n’avait pensé, ou n’avait pas été capable de faire avant.

La zone réservée aux mascottes était un changement surprenant et bienvenu comparé au reste du bâtiment que j’avais vu. D’une part, chaque deuxième ou troisième tube de lumière phosphorescente était allumé, même s’il clignotait et s’atténuait au hasard. Aussi, rien n’avait été volé ou cassé, même si l’âge et l’exposition étaient définitivement venus prendre leur dû.

Il y avait des blocs-notes et des stylos sur les tables, des horloges… Même une pointeuse au mur avec des feuilles de présence. Des chaises étaient éparpillées un peu partout et il y avait aussi une petite salle de pause avec un vieux poste de télévision ainsi que de la nourriture pourrie depuis longtemps et des boissons sur le comptoir.

C’était comme l’un de ces films postapocalyptiques où tout est laissé en plan au moment de l’évacuation.

Alors que je marchais dans les couloirs labyrinthiques du sous-sol de la zone réservée aux mascottes, les lieux devenaient de plus en plus intéressants. Plus loin, les bureaux et les tables étaient renversés, les papiers éparpillés étaient presque fusionnés avec le sol humide, et un large tapis de moisissure recouvrait progressivement la vraie moquette pourpre en décomposition.

Tout était un peu « visqueux ». Tout ce qui était en bois se désintégrait en bouillie quand j’appliquais la moindre pression dessus, et les vêtements suspendus à des crochets dans une des pièces tombaient simplement en fils humides quand j’essayais de les décrocher.

Une chose qui m’ennuyait était que la lumière commençait à devenir plus espacée et incertaine alors que je m’enfonçais davantage dans les profondeurs humides et suffocantes de l’endroit.

Je finis par rechercher une porte rayée noire et jaune avec les mots « CHARACTER PREP 1 » inscrits dessus.

La porte ne s’ouvrit pas au début. Je me suis dit que c’était probablement où les costumes étaient conservés, et je voulais clairement une photo de ce désordre tordu et puant. J’ai essayé comme je pouvais, mais qu’importe l’angle ou le mouvement que j’essayais, la porte ne bougeait pas.

Jusqu’à ce que j’abandonne et je m’éloigne. À ce moment, il y eut un léger bruit et la porte s’est ouverte lentement.

À l’intérieur, la pièce était complètement sombre. Le noir complet. J’ai utilisé le flash de mon appareil pour rechercher un interrupteur sur le mur près de la porte, mais il n’y avait rien.

Alors que j’effectuais mes recherches, j’ai été bouleversé par l’excitation et par un fort bruit électrique. Des rangées de lumières au-dessus de moi revinrent soudain à la vie en un flash, clignotant et s’estompant comme le reste.

Ça a pris une seconde à mes yeux pour s’ajuster et il me semblait que la lumière allait juste continuer à devenir de plus en plus brillante, jusqu’à que les ampoules explosent… mais juste au moment où je pensais que la situation allait atteindre un stade critique, les lumières se sont atténuées un peu et stabilisées.

La pièce était exactement comme je l’avais imaginée. Différents costumes Disney étaient suspendus aux murs, entièrement assemblés comme d’étranges cadavres de dessin animé suspendus à des nœuds invisibles.

Il y avait toute une rangée de pagnes et de vêtements « d’autochtones » sur des cintres vers l’arrière.

Ce que je trouvais bizarre, et que j’ai tout de suite voulut photographier, était un costume de Mickey Mouse au centre de la pièce. Contrairement aux autres costumes, il était couché sur le dos au milieu du sol comme une victime de meurtre. La fourrure du costume était pourrie et se détachait, créant des tâches nues.

Ce qui était encore plus bizarre, cependant, était la couleur du costume. C’était comme la photo en négatif du vrai Mickey Mouse. Noir où il aurait dû être blanc et blanc où il aurait dû être noir. Sa combinaison normalement rouge était bleu clair.

La chose était suffisamment perturbante pour que j’arrête de photographier cette chose jusqu’à la fin.

Je pris une photo des costumes accrochés aux murs. En plongée, contre-plongée, et des plans latéraux pour montrer une rangée entière de visages de dessins animés gelés et putrides, certains avec des yeux en plastique manquants.

Puis j’ai décidé de mettre en scène un cliché. Juste une des têtes chiffonnées de personnage sur le sol lisse et glissant.

J’ai saisi la tête d’un costume de Donald Duck et je l’ai soulevée soigneusement pour que la chose ne s’écroule pas dans mes mains.

Alors que je regardais le visage moisissant de cette tête aux yeux écarquillés, un fort bruit de claquement me fit sursauter.

J’ai regardé au sol, et là, entre mes pieds il y avait un crâne humain. Il était tombé de la tête de la mascotte et s’était brisé en morceaux, seuls le visage vide et la mâchoire du bas étaient restés intacts, me regardant fixement.

J’ai immédiatement lâché la tête du canard, comme vous pouviez vous y attendre, et je me suis dirigé vers la porte. Alors que je me tenais dans l’encadrement, j’ai à nouveau regardé vers le crâne sur le sol.

Je devais prendre une photo de ça, vous voyez ? Je le DEVAIS, pour un tas de raison qui pourrait sembler stupide, mais réfléchissez.

J’avais besoin d’une preuve de ce qui s’était passé, surtout si Disney comptait d’une façon ou d’une autre faire disparaitre cela. Il n’y avait aucun doute pour moi, depuis le début, que même s’il s’agissait d’une négligence dégueulasse, Disney était RESPONSABLE de ça.

C’est alors que Mickey, cette photo en négatif, le Mickey inversé au milieu du sol, a commencé à se lever.

D’abord s’asseyant, puis se hissant sur ses pieds, le costume de Mickey Mouse… ou ce qui était à l’intérieur, se tenait là au centre de la pièce, son faux visage regardant directement vers moi alors que je bégayais « Non… » encore, et encore, et encore… Avec les mains tremblantes, le cœur battant violemment, et les jambes qui se tournaient une nouvelle fois en coton, je réussis à lever mon objectif et à viser la créature opposée qui me toisait silencieusement.

Le Mickey inversé

L’écran de l’appareil numérique affichait uniquement des pixels morts de la forme de la chose. C’était une parfaite silhouette du costume de Mickey. Alors que l’appareil bougeait dans mes mains instables, les pixels morts se propagèrent, épousant l’écran où le contour de Mickey se déplaçait.

Puis l’appareil photo mourut. Est devenu vide et silencieux et… cassé.

J’ai à nouveau levé les yeux vers le costume de Mickey Mouse.

« Hey » dit-il dans une voix chuchotée, perverse, mais parfaitement exécutée de Mickey Mouse, « Tu veux me voir enlever ma tête ? »

Il commença à tirer sur sa tête, passant ses doigts gantés et maladroits autour de son cou, se griffant avec des mouvements impatients semblables à ceux d’un homme blessé essayant de se libérer des mâchoires d’un prédateur.

Alors qu’il mettait ses doigts dans son cou… tellement de sang…

Tellement de sang visqueux, épais, et jaune…

Je me suis détourné en entendant une déchirure écœurante de vêtement et de chair… je me souciais uniquement de sortir de là. Au-dessus de la porte de la salle, j’ai vu le message final griffé dans le métal par des os ou des ongles…

« ABANDONNÉ PAR DIEU »

Je n’ai jamais sorti les images de l’appareil photo, je n’ai jamais écrit de post sur mon blog à propos de ça. Après avoir couru hors de cet endroit, fui pour ma santé mentale si ce n’est pour ma vie, je savais pourquoi Disney ne voulait pas que quiconque connaisse l’existence de lieu.

Il ne voulait que personne comme moi n’entre.

Il ne voulait que rien comme cette chose n’en sorte.

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