Wiki Creepypasta
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Pas un jour passé sur internet sans qu'il n'y en ait un qui finisse par apparaître sur mon écran. Faut croire que certaines modes ne passent pas. Je parle des rituels flippants en tous genres. L'éternelle Dame blanche, Charlie Charlie challenge, le rituel du cheval à bascule, et j'en passe. Certains servent juste à invoquer une créature démoniaque pour le plaisir des frissons, d'autres vous apportent des récompenses à condition que vous accomplissiez parfaitement toutes les étapes, ça dépend, mais je suis sûr que vous en connaissez tous au moins un.

Peut-être même que vous en avez déjà essayé ? Ou alors vous avez trop peur, mais vous racontez quand même à tous vos amis que vous avez réussi à faire venir Bloody Mary dans votre salle de bain à minuit ? Ouais, moi j'ai surtout l'impression que vous vous marrez bien à partager des rituels sur internet, mais quand il faudra porter ses couilles et en assumer les conséquences, il n'y aura plus personne.

Je suis salé, c'est vrai, mais on ne déconne pas avec ce genre de choses. Voilà pourquoi je déteste les réseaux sociaux et tous les cons qui sont dessus.

Ça ne va pas m'empêcher de partager avec vous un rituel similaire à ceux dont j'ai parlé, et ce pour une bonne raison : vous ne pourrez pas le réaliser.

Un jour, en montant dans le grenier de la maison familiale, j'ai découvert un carnet à l'allure un peu ancienne, doté d’une couverture en cuir marron et de feuilles jaunies. Je l'ai feuilleté pour n'y trouver que des pages vides, à l'exception d'une seule. Il y était écrit quelques étapes très simples à réaliser pour avoir accès à mon vœu le plus cher. Il se pourrait bien que ce soit aussi le vôtre, c'est assez commun et intemporel.

Quand on obtient de la vie de tels présents, il faut être prêt à accepter de perdre quelque chose en échange. Un concept simple à comprendre, mais dont, souvent, on ne réalise pas vraiment les conséquences. Ce rituel, accompli par mon père et par son père à lui jadis, leur avaient valu la crainte et la haine de ceux du village. Ils savaient. La rumeur se répandait vite, ainsi que la jalousie.

Ainsi, quand mon grand-père est tombé malade, le médecin a refusé de venir à son chevet, entrainant sa mort. Tel avait été le premier prix à payer.

Deux jours plus tard, à la nuit tombée, je me suis rendu, tel un pèlerin, vers la chapelle. Vous ne saurez pas à quoi elle ressemble, ni où elle se trouve, soyez mignons et contentez-vous de lire attentivement. C'est dans ce bâtiment que doit être accompli le rituel. Il faut attendre minuit pile avant de se diriger vers une certaine rangée de sièges, et s'arrêter devant le cinquième depuis un certain endroit. Là encore, j'évite d'en dire trop.

Ensuite, il faut étaler le plus de sueur possible sur le siège. Pour accomplir le rituel, je me suis donc retrouvé à faire des pompes dans la chapelle, une doudoune sur le dos.

Assis sur le cinquième siège et dans ma transpiration, j'ai attendu sans dire un mot que celui que j'attendais apparaisse.

À quoi pense-t-on dans ces moments-là ? Pour être honnête, à pas grand-chose d'intéressant. On se sent un peu con, parce qu'on a peur que ça ne fonctionne pas. On est nerveux, alors on pense à des choses drôles. On se dit qu'on a envie de pisser. Qu'on a soif. On se demande pourquoi le cinquième siège et pas le quatrième ? Parce que pour ma part, le chiffre cinq, ça m'évoque juste mon attente de voir sortir un jour un cinquième film Shrek.

Enfin bref, on est là, avec toutes ces pensées qui tournent dans la tête, quand soudain, soit on se dit que ça ne sert à rien et on abandonne, soit quelque chose se passe enfin.

Pour moi, ça a été le deuxième cas. L'ange est apparu devant moi, enveloppé de lumière céleste. Il était si lumineux que j'en étais ébloui. Il a commencé à me dire des paroles bienveillantes, à me parler d'amour du prochain, de paix, d'altruisme, et même de miracles. Il s'est approché assez près de moi pour pouvoir me toucher du bout de ses doigts, et m'a dit qu'avec ce cadeau, il m'offrait l'accès à l'une de ces merveilles de la vie : le bonheur.

Mais en échange, l'ange souhaite être certain que jamais ceux qui en bénéficient ne cessent d'éprouver de la gratitude. Ainsi, il m'a demandé, comme il l'a demandé à mon père et à mes autres ancêtres, de ne jamais cesser d'être heureux ou bien il viendrait reprendre son présent et mon âme en dédommagement du gâchis de son cadeau.

Pour m'y aider, l'ange, depuis cette nuit-là, demeure dans un coin de mon esprit, et me murmure constamment des odes à la grandeur de la vie et au bonheur.

Suis-je vraiment heureux ?

Oui.

La récompense en valait le prix. À vrai dire, les murmures de l'ange sont plus à mes yeux des rappels de la menace qui pèse sur moi plutôt qu'une véritable aide. Mais peu importe, rien ne m'empêchera d'être heureux, car j'ai obtenu la seule chose que j'ai toujours désirée. Même à l'enterrement de ma grand-mère je n'ai pas ressenti une once de tristesse. Même si j'affichais triste mine, en mon for intérieur, j'arborais un grand sourire. Je ne pensais qu'au miracle offert par l'ange.

Je n'ai pas attendu bien longtemps pour en faire usage, et si ceux qui en ont profité avec moi sont depuis fascinés par ma personne, la plupart des autres villageois m'ont tourné le dos. Petit à petit, ils ont commencé à chuchoter sur mon passage. Ils n'approuvent pas la façon dont j'ai obtenu ce que je possède, ils trouvent ça malhonnête, vouloir surpasser la médecine en nouant des pactes avec l’au-delà.

Ils sont simplement jaloux.

Grâce à ce rituel, j'ai augmenté de 20 cm la taille de mon pénis. Depuis, les médecins me détestent.


Publié par Eimeone. La publication originale est disponible sur Creepypasta From The Crypt

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