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« Quoi qu’il arrive, n’ouvrez pas cette porte. »

Alors, évidemment qu’une fois que l’idée était plantée là, elle ne m’a plus quitté. Quand mon tout nouveau propriétaire m’avait fait visiter la maison que je venais de louer, les instructions étaient simples, presque austères. Faire attention au chauffe-eau, 2-2-0-3 pour le local à poubelle, etc. Mais il y avait cette instruction abstraite qui avait conclu notre visite de la cave.

« Quoi qu’il arrive, n’ouvrez pas cette porte. »

C’était presque trop facile. Je me voyais déjà, dans tous les journaux de la ville : « Un homme se fait étriper dans sa cave après la découverte du repaire d’un tueur en série ». Bon, la formulation pouvait bien changer, mais l’idée était toujours là : je me suis toujours trouvé suffisamment malin pour esquiver les problèmes, je n’allais pas commencer à tenter le diable aujourd’hui. Alors non, je n’allais pas ouvrir cette porte. Les premiers mois dans la maison se sont déroulés sans problème. J’ai même invité quelques copains, et je ne manquais jamais de leur rappeler cette obscure instruction.

« Quoi qu’il arrive, n’ouvrez pas cette porte. »

Mais bien sûr, la machine à problèmes que j’appelle communément « mon cerveau » s’est vite mise à dérailler. Évidemment que j’allais l’ouvrir, cette putain de porte. C’était une question de jours, d’heures. Bordel, j’ai jamais été très catho, je crois pas aux fantômes, qu’est-ce qu’il pouvait y’avoir derrière cette porte qui pouvait me faire si peur ? Alors évidemment que ce soir de mars, j’y suis allé. Et dans ma tête, la phrase résonnait.

« Quoi qu’il arrive, n’ouvrez pas cette porte. »

« Quoi qu’il arrive, n’ouvrez pas cette porte. »

« Quoi qu’il arrive, n’ouvrez pas cette porte. »

J’ai avancé dans la cave, baissant la tête pour éviter les planches. Tout était précis dans mon cerveau. Je me souviens du pull bleu que je portais, de l’ampoule qui se balançait mollement au centre de la pièce. Chaque détail est imprimé. Et me voilà, avançant devant cette putain de porte. Je suis resté figé deux bonnes minutes, à me demander si je voulais bien l’ouvrir. Si je devais oser. Puis, la porte s’est ouverte devant moi.

Je suis resté bouche bée, figé. Devant moi, se tenait un homme, qui semblait aussi peu à l’aise que moi. Derrière lui, une cave, identique à la mienne, mais inversée, comme dans un miroir. L’homme qui venait d’ouvrir m’était presque identique, un sosie parfait en fait, si ce n’est quelques éléments : ses yeux n’étaient pas de la bonne couleur, et son pull était gris, pas bleu. Je fixais ce double, sans trop y croire. Nous nous sommes regardés. Il a fini par parler :

« Bordel, je m'étais toujours demandé ce qu'il y avait derrière cette porte. »


Publié par Eimeone

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