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Je souhaite faire part d’un phénomène qui m’est arrivé il y a deux semaines de cela. Quelque chose d’assez loufoque, dont je n’ai toujours pas trouvé d’explication rationnelle à l’heure d’aujourd’hui.


Le week-end j’ai pour coutume d’aller me promener dans une petite forêt l’après-midi si le temps s’y prête bien. Toujours en compagnie de mon compagnon canin, Hector, un fox-terrier d’un âge moyen au caractère discret mais très affectif. Nous avons pour habitude d’emprunter un chemin battu qui nous fais faire un tour bref d’une trentaine de minutes partant du parking, traversant la forêt en son cœur avant de longer un petit ruisseau sur quelques centaines de mètres, puis il nous fait revenir au lieu du parking, telle une boucle.

Ce dimanche après-midi, il y avait un soleil radieux additionné d’un ciel dénudé de ses nuages, et nous étions en plein printemps, les conditions optimales pour une bonne balade.

La forêt n’est située qu’a trois kilomètres du village où j’habite, elle est déserte la majorité du temps. Allez, au mieux on peut y croiser deux ou trois personnes âgées venant y faire leur balade digestive le week-end, mais ça se limite à ça.


Il était donc une heure de l’après-midi lorsque j’arrivai au parking de la forêt. Sans grande surprise, il n’ y avait nul autre voiture que la mienne au vu de l’heure qu’il était. Une fois descendu de celle-ci, le silence venant succéder aux mélodies de la radio me fit rapidement immerger dans l’ambiance paisible des lieux. Après avoir fait descendre Hector du siège passager, nous commençâmes à marcher en direction de l’entrée du bois. Au bout de six années aux côtés de mon chien, j’avais suffisamment confiance en lui, pour ne plus lui mettre sa laisse quand nous étions en forêt. Je souhaitais qu’il s’épanouisse en pleine nature, puis le voir courir au loin me procurait une sensation de bien-être. Quand nous nous enfonçâmes dans le bois, je le vis qu’il traversait le chemin de part en part devant moi, plongeant et refaisant surface des nombreuses fougères qui bordaient le sentier.

Après quelques minutes de marche, nous étions arrivés aux abords du ruisseau. Pris d’une légère lassitude, je me mis à la recherche d’un petit bout de bois dans l’optique de jouer avec Hector. Je mis la main sur un bout de branche assez ferme et compacte pour résister à la pression d’une mâchoire canine. J’appelai donc Hector, il se précipita en ma direction, sortant de l’ombre des arbres, pour se jeter à mes pieds.

« Allez va » Dis je avant de lancer d’un bras tendu à son maximum, le bout de bois au loin devant moi. J’aperçus le projectile se diriger sur le bord du sentier à au moins une vingtaine de mètres, à peine eu t’il le temps de toucher le sol qu’il se retrouva dans les crocs du chien. Tout en poursuivant le chemin, nous répétâmes ce jeu au moins quatre ou cinq fois.

Jusqu’à cette fois où j’ai bêtement décidé de jeter le bâton vers un coin en proie à une recrudescence de buissons et végétaux en tout genre. J’aperçus mon chien courir de manière toujours aussi énergique droit vers la végétation, et puis disparaître à travers la multitude de feuilles et branches. Je pouvais distinguer la silhouette des buissons se dandiner au fur et à mesure que mon chien s’enfonçait à l’intérieur de ceux-ci. Sans inquiétude, je m’attendais à le voir réapparaître d’une seconde à l’autre, le bâton à la gueule.

Toutefois, les secondes passaient et passaient, toujours les yeux rivés vers la végétation. Et après peut-être une minute à rester planté là, toujours aucun signe d’Hector, tant visuellement qu’au niveau sonore. Je commençai dès lors mes appels envers Hector, pensant le faire surgir vers moi. Mais toujours sans succès.

Au fur et à mesure, je sentis mon anxiété monter et venir modifier les traits même de ma voix, qui penchaient vers l’aigue, je sentais mes cordes vocales me brûler. Je commença à fouiller du mieux que je pouvais toute la végétation par lequel je l’avais vu s’engouffrer. Je m’accroupissais, me fondant dans la broussaille, je retournais branches sur branches, balayais l’épais couche de feuilles au sol, dans un rayon d’environ quinze mètres, absolument aucune empreintes. En me relevant, je m’aperçus du nombre d’égratignures et coupures qui arpentaient mes jambes, fruit du frottement avec les branches.

Après cela, je me suis mis à prestement aller scruter la zone située à l’arrière des buissons, ou Hector serait logiquement passé. Malheureusement, le tapis de lierre qui envahissait les lieux m’empêchait d’apercevoir quel qu'onques traces du canidé. J’examinai de l’œil les moindres détails de l’environnement qui m’entourait à la recherche d’indice, en vain.

Au bout d’une dizaine de minutes, je me suis fait la conclusion redoutée que j’avais bel et bien perdu mon chien. Je m’imaginais déjà passer les prochaines heures à errer en voiture de manière interminable, avec un espoir minime de le retrouver sur les routes avoisinantes.

Alors que je m’enfonçais hors des sentiers battus, en plein cœur du bois, toujours en répétant son nom de manière incessante. Entre deux appels, il me parut comme un son qui se démarquait des sons environnants, auxquels mon ouïe s’était habitué depuis le début de la balade. Ce son fut comme un léger sifflement sourd continu, qui petit à petit grossissait en volume. Je cherchai son origine, mais curieusement, il ne semblait pas provenir d’un endroit en particulier, mais plutôt à l’intérieur de ma tête.

Le sifflement emplissait jusqu’à m’en provoquer une migraine, la douleur fut telle que j’avais l’impression d’avoir des décharges électriques parcourant l’intérieur de ma cervelle. Pris de panique, je m’adossai au tronc de l’arbre le plus proche avant de laisser mon torse tomber le long de celui-ci, pour me retrouver assis au pied de l’arbre.

Juste après, un flash lumineux fit son apparition au-dessus de moi, provenant du ciel et traversant la cime des arbres en un rien de temps. Il était tellement intense qu’il m’éblouissait complètement la vue en quelques secondes, je ne pouvais plus rien distinguer par la suite. Par réflexe dû à la douleur, je me mis donc à fermer complètement mes paupières et puis là le néant...


La sensation de plusieurs gouttelettes d’eau dégoulinant le long de mon visage me firent reprendre conscience. De même que je sentis l’ensemble de mon corps en proie à une vague de frissons. Quand je réouvris les yeux, il pleuvait et la température avait bizarrement chuté d’au moins quinze degrés. Je pouvais constater que j’étais dans la même position que dans laquelle j’avais perdu connaissance. Assis au pied d’un arbre, les deux jambes allongées à même le sol.

Quand je levais les yeux, à travers les filets d’eau, je m’aperçus que le ciel bleuâtre avait laissé sa place à une étendue de nuages aux gris foncés, logique, il pleut ! Mais ce qui fut le plus surprenant et de loin aussi troublant, fut le fait que les arbres étaient dépourvu de leurs feuilles, elle gisaient à terre.

A travers une vive confusion, j’en avais déduit qu’il s’était écoulé un nombre anormal de temps. Je suis tombé dans les pommes au printemps et on avait visiblement l’air d’être en fin d’automne.

« C’est impossible », ne cessais je de me répéter intérieurement. Et pourtant malgré toutes mes tentatives à me convaincre que j’étais dans un rêve, comme me pincer ou faire des tests en tout genre. J’ai réalisé que c’était bel et bien la réalité, et cette déduction me glaça le sang.


Après être resté une bonne dizaine de minutes au pied de cet arbre, à prendre conscience de la situation et à chercher le pourquoi du comment sans succès. Je me suis mis à me lever, ce simple effort me procura un léger tournis une fois sur mes deux pieds. Me souvenant à peu près de là où j’étais passé, je revenu sur mes pas tant bien que mal. La traversée de la végétation, fut bien plus pénible qu’a l’allée, tout semblait plus dense et la végétation imbibée d’eau de pluie ne cessait de tremper mon pantalon, et ce, jusqu’à la ceinture.

Il me fallut près de cinq minutes avant que je n’aperçoive les bords de ce qui semblait être un ruisseau, seulement le sentier qui devait normalement le border sur sa droite n’y était pas présent.

A la place, se trouvait un tapis de feuilles mortes morcelé par endroits de quelques arbrisseaux et végétaux comme le reste de la forêt.

Toutefois, au vu de leurs tailles qui étaient moins importante comparé à ceux des alentours, j’en ai compris que la nature avait eu raison du sentier et qu’il s’était passé plus de temps que je l’imaginais.

Je n’avais qu’un seul but dorénavant, c’était de regagner le parking, partir d’ici le plus vite possible et rentrer chez moi contacter mes proches. Mon chien ? Sur le moment, j’étais tellement sonné par la tournure des événements, que ce n’étais plus vraiment une priorité. Si j’avais réellement fait un bond dans le temps, je devais m’assurer de la condition de mes proches en premier.

Donc je repris ma marche sur ce qui fut jadis le sentier, à un rythme plus rapide, aussi vite que je me surpris à faire voleter les feuilles sur mon traçage. Je venais de quitter le bord du ruisseau pour me diriger vers le cœur de la forêt, quand mon regard fut attiré par quelque chose, quelque chose qui bougeait, passant et s’éclipsant derrière les nombreux troncs qui couvrait l’horizon du bois. Une fois que mes prunelles furent bien bloquées sur la chose, je peut distinguer une silhouette, j’optais pour un animal.

Sauf qu’au vu de sa taille et de sa démarche, ça ne pouvait être nul autre qu’un être bipède, or il n’y a aucun primate vivant dans les horizons si ce n’est l’homme lui-même.

Partagé entre la curiosité et la prudence, c’est finalement la première qui la remporta sur l’autre. Cette personne semblait être mon unique source de réponses à des kilomètres à la ronde. C’est donc d’un pas lent associé à une posture à demi baissé que je me décidai à suivre cet individu derrière son sillon.

Tentant de me découvrir le moins possible en me cachant derrière tout ce qui pouvait dissimuler ma personne, et ce, en m’efforçant de caresser le plus délicatement le sol. Je réussis à me rapprocher suffisamment de lui pour y découvrir plus en détail un homme à l’allure précaire. Je distinguais qu’il était vêtu d’un manteau qui semblait noircis par endroits, un pantalon dans le même état qui partait en lambeaux au niveau des ourlets, et de vielles godasses en cuir qu’il traînait au sol. Un homme qui avait tout l’air d’un sans-abri à première vue.


Un bruit strident fit soudainement son éruption au milieu du son constant de la pluie, bruit dont la source se trouvait juste à mes pieds. Par inadvertance, j’avais marché sur une maudite branche alors que j’étais en train de reluquer le personnage.

Je vis l’homme s’arrêter, se retourner brusquement avant de me transpercer du regard de ses deux pupilles. C’était un visage en proie à l’usure agrémenté d’une pilosité négligée qui me dévisagea, il me fixait sans dire un mot de sa bouche.

« Bonjour monsieur, j’ai besoin d’aide » je dis d’une voix tremblotante par le froid.

Je crus voir ses lèvres marmonner quelque chose à travers son épaisse barbe, mais sans en percevoir un son.

Puis il poursuivi sa route comme si de rien n’était, toujours avec cette même allure mélancolique. Rassuré par son non-hostilité apparente, mais frustré de m’être fait snober, je m’approcha de lui insoucieusement, en quémandant son aide. Mais rien n’y faisait, l’homme semblait plus préoccupé à suivre son itinéraire qu’à porter de l’attention à un étranger. La situation fut tel, qu’on aurait dit un chien suivant son maître.

Agacé par son ignorance à mon égard, j’eus l’audace de lui agripper l’épaule dans un geste désespéré d’attirer son attention. Grossière erreur. D’un geste vif, il vira ma main en levant son bras avant que celui-ci n’aille me pousser au sol, puis j’aperçus sa main gagner une des poches de son manteau et en jaillir un vieux canif.

Tout en bredouillant ce qui semblait être des noms d’oiseaux, penché sur moi, il me brandit sa lame à quelques centimètres de ma figure. Allongé sur le sol et désemparé, je reculais à mesure qu’il avançait sur moi. Pris de panique, mes supplices venaient entrelacer ses menaces pour ne former qu’une mélodie informe.


J’eus l’impression qu’il ne parlait pas la même langue que moi, et le défaitisme commençait à gagner mon esprit.

C’est alors qu’un son aigu résonna au loin dans la forêt, il se répéta plusieurs fois par intermittence. Des sons, qui je compris très vite s’agissait de hurlements, ils sonnaient similaire à ceux que peuvent faire une femme.

L’homme cessa instantanément ses injures pour tourner le regard en direction de l’origine de ses cris. J’observai sa mine se métamorphoser en une expression d’épouvante, visiblement ce n’était pas la première fois qu’il les entendait. Il siffla quelques mots qui sonnèrent comme des prières, puis il se mit à reculer de quelques pas avant de détaler en courant comme un lapin.

Toujours allongés le dos au sol, je me rendis compte que les cris avaient l’air de s’approcher. Des bruits sourds comme les bruits de pas d’une personne courant s’ajoutèrent aux hurlements. Mais étrangement, je ne voyais aucun signe de vie vers l’endroit d’où provenait le vacarme, j’avais beau scruter l’horizon, il n’y avait rien.

Jusqu’à ce que mes yeux captèrent subitement, une ombre au loin sortant de derrière un arbre. Naturellement, je ne pris pas le temps de reluquer la chose. Mon coeur se mit directement à palpiter et je sentis mon instinct de survie me hurler de foutre le camp d’ici au plus vite.


Je bondis vivement sur mes deux pieds pour tracer à pleine allure à travers les bois. C’était la première fois que je courais pour fuir une menace possiblement mortelle, j’étais plongé dans un état de transe où je me sentais comme envahie par un élan d’énergie inépuisable. Je courais au plus vite possible, esquivant les nombreux arbres qui se trouvaient au-devant, sans manquer de me casser la figure plus d’une fois.

Tout du long, j’avais cette désagréable sensation que ce truc n’était juste qu’à quelques mètres derrière moi, et cela me procurait des frissons au dos rien qu’en y pensant. Mais au vu des nombreux regards furtifs que je portais au-dessus de mon épaule pendant ma course, il s’était résigné à me suivre depuis bien longtemps. Mais rien n’était moins sûr, donc je persistais à marquer le plus de distance possible.

Après de longues minutes de course, je remarquai au loin que la luminosité se faisait plus marquée, de même que les arbres et végétaux cessaient à cette bordure. Enthousiaste, je réalisai que j’avais atteint l’orée de la forêt. Une fois la lisière franchie, à ma grande joie, je me retrouvais sur le parking où tout avait commencé. Je me faisais un plaisir de regagner mon véhicule et de mettre les voiles d’ici.

Mais sauf que force était de constater que ma voiture n’était pas présente ou plus devrais-je dire... Car les nombreuses plantes et herbes invasives qui arpentaient le parking, venaient confirmer l’hypothèse que j’avais très probablement fait un bond dans le futur.

Il y avait même l’épave d’une voiture qui se tenait là, elle était couverte de rouille et le lierre y avait élu domicile par endroits. Mais ce qui fut le plus troublant fut son esthétique qui semblait provenir d’une époque postérieure à la mienne. Je n’avais jamais rien vu de pareil auparavant. Pour dire elle me rappelait ces voitures prototype souvent exposés dans les salons Automobile.

D’ici jusqu’au village où je réside, il fallait trois quarts d’heure de marche environ. Mais en mettant en compte l’averse qui ne voulait cesser, on pouvait y rajouter vingt minutes additionnelles. Une bonne heure à trottiner sous la flotte ne m’enchanta guère, mais il n’y avait pas le choix. Je m’apprêtais donc à emboîter le premier pas d’une longue « randonné », quand j’entendis les hurlements récidiver en provenance de la forêt.

Pris de plus belle par la peur, je balayai du regard la bordure de la forêt cherchant à y repérer une anomalie visuelle. Je procédai ainsi pendant de longues secondes, scrutant soigneusement chaque détail de l’environnement qui se présentait devant moi. Les cries se fussent plus net au fil des secondes, signe que ça venait encore sur ma direction.

Et finalement, par delà les arbres je vis une forme se détacher de l’obscurité, cheminant à travers la végétation à au moins cinquante mètres. La distance et l’ombre des arbres m’empêchèrent de la distinguer plus en détails, mais je pouvais jurer y avoir aperçu une apparence humaine. Bizarrement, l’angoisse fut moindre que plus tôt, quelque chose en moi avait envie de percer le mystère derrière cette chose.


Tout à coup, un bourdonnement parasita mon ouïe, gagnant tellement en intensité qu’il s’accompagna très vite d’une migraine. Troublé par cette douleur soudaine, je fis de mon mieux pour rester concentré sur la chose qui venait au loin. Je la vis s’approcher à une allure qui paraissait assez réduite.

Mais ma vue se mit à son tour à dysfonctionner, mon champ de vision devint petit à petit flou, je réussissais à peine à déceler les différents arbres situés à la lisière de la forêt. Pour clore le tout, je fus gagné par des vertiges, puis je me surpris à perdre l’équilibre pour finir par tomber au sol.

A présent, j’étais allongé sur le bitume subissant un mal aise qui semblait à son pic. Je pouvais encore capter les hurlements, mais ils paraissaient extrêmement faibles à travers le bourdonnement continu. Puis de par le voile flou qui couvrait ma vue, une lueur blanche, fortement lumineuse vint éblouir l’intégralité de mon champ de vision pour me rendre quasiment aveugle.

Mais je pouvais tout de même encore percevoir les sons émis par cette chose, tellement net, que ces hurlements semblaient être maintenant tout près, seulement j’étais dans l’impossibilité de le confirmer visuellement.

Juste après je sentis un contact froid au niveau des mes pieds, comme si quelque chose glissait de long doigts glaciales le long de ma jambe gauche. J’eus à peine le temps de m’en apercevoir que je tombis dans l’inconscience...


Quelque chose de râpeux et humide me caressa le visage. De légers gémissements faisaient écho dans mes oreilles. Quand je rouvris les yeux, je découvris un petit chien à quelques centimètres de mon visage, assis comme pour quémander de la nourriture à son maître. C’était Hector ! Il se tenait là, semblant tout rassuré par mon réveil.

Quand je repris peu à peu mes esprits, je me rendis compte que tout était revenu pareil qu’avant mon premier malaise. Un grand soleil qui flottait dans un ciel bleu, la réconfortante chaleur printanière et les arbres étaient à nouveau vêtu de leurs feuilles. On aurait pu croire que tout ce que j’avais vécu ne fût rien d’autre qu’un rêve.

Si je ne m’étais pas réveillé au milieu du parking, exactement à l’endroit précis où j’étais tombé dans les pommes pour la seconde fois. Sans omettre le fait que mes chaussures étaient imbibés d’eau, alors qu’il n’avait pas plu dans la région depuis une semaine.


Mais sur le moment, j’étais trop exténué pour me prendre la tête avec la multitude d’interrogations qu’avait laissées cette expérience. Je n’avais qu’une idée en tête, quitter cet endroit qui à présent me foutait les jetons. Heureusement, ma voiture était revenue sur le parking. Je m’empressa d’y mettre le chien sur le siège passager avant de partir d’ici dans un élan de précipitation. Dès que je sortis du parking, je ne pouvais m’empêcher de jeter un dernier coup d’oeil via le rétro intérieur en direction de l’orée de la forêt. Me jurant intérieurement de ne plus jamais y foutre les pieds.


Depuis, cette histoire m’a fait naître une obsession sur tout ce qui touche à l’espace-temps et à la métaphysique. J’ai passé mon temps libre de ces quinze derniers jours, à naviguer sur internet à la recherche d’une explication rationnelle ou d’un sens à ce que j’avais vécu. J’ai visionné des heures et des heures de conférences sur le sujet et lu des tonnes de témoignage traitant du paranormal. Je n’ai jamais rien trouvé de semblable à ce que j’ai vécu.

Des fois, il m’arrive de tenter de me persuader que cette partie où il pleuvait avec les hurlements, n’était juste que le fruit de mon subconscient lors de ma perte de connaissance. Mais au fond de moi-même, les diverses sensations associées à la lucidité que j’avais ressentis tout du long étaient si réelle ; que j’ai la certitude que ce fût bien la réalité. Et si je me suis vraisemblablement réveillé quelque part dans le futur, alors je peux dire que j’appréhende vraiment sur ce que nous réserve l’avenir.

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